Sarah Davachi

The Will of Tongues

Sortie le 28 août 2026

Late Music

The Will of Tongues est le nouvel album studio de Sarah Davachi, et sans doute son projet le plus ambitieux à ce jour: plus de deux heures de musique réparties sur trois vinyles. L’album réunit cinq nouvelles compositions pour orgue historique, enregistrées aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas, une suite de trois pièces chorales, un ensemble d’« interludes » pour diverses formations microtonales (cordes, cuivres et bois), ainsi qu’une vaste œuvre de musique de chambre pour trio à cordes, orgue et bande magnétique. Les deux dernières ont été commandées par l’Experimental Media and Performing Arts Center (EMPAC) de Troy, dans l’État de New York, tandis que l’œuvre chorale a été commandée par la Louth Contemporary Music Society de Dundalk, en Irlande.

 

Outre Sarah Davachi à l’orgue, The Will of Tongues réunit un remarquable ensemble de musiciens et de formations venus des États-Unis et d’Europe, parmi lesquels Whitney Johnson (alto), Eyvind Kang (alto), Lucy Railton (violoncelle), Diapason (ensemble expérimental de cuivres microtonaux basé à Los Angeles et composé de Nev Wendell, Nicholas Ginsburg, Mattie Barbier et Mason Moy), Phaedrus, consort suisse de flûtes de la Renaissance réunissant Liane Sadler, Charlotte Schneider, Mara Winter et Luis Martinez Pueyo, ainsi que le Chamber Choir Ireland sous la direction de Nils Schweckendiek.

 

L’album approfondit les concepts et procédés compositionnels qui occupent Sarah Davachi depuis plus d’une décennie: l’itération, les systèmes d’accordage, les variations de texture et de timbre, les formes étirées dans le temps, l’harmonie verticale, les effets intervalliques et les structures canoniques, autant d’éléments ancrés dans la tradition minimaliste qui nourrit son travail. Toutefois, ces principes apparaissent ici avec une précision et une intentionnalité plus affirmées que dans ses réalisations précédentes. Au fil des treize pièces, les idées circulent d’un instrument à l’autre et d’un ensemble à l’autre, se transformant lentement au sein d’une durée aussi exigeante que captivante.

 

En tant qu’œuvre d’ensemble, The Will of Tongues exprime une profonde révérence pour l’acte d’écoute et pour l’espace imaginaire que celle-ci peut ouvrir. Cette écoute devient un espace négatif fécond, propice à la confrontation et à la création plutôt qu’à l’évasion. Cette musique n’a rien d’une écoute facile, et elle n’a jamais prétendu l’être. Lorsque la durée s’étire et que les matériaux se raréfient, l’oreille comme l’esprit se trouvent confrontés à la réalité même du son et aux vastes paysages mentaux qu’il fait émerger. Pour qui accepte de s’y engager, ces espaces recèlent de profonds réservoirs de sens. The Will of Tongues célèbre ainsi l’écoute répétée, l’attention extrême, l’expérience sonore intime et les vastes horizons psychiques qu’elle ouvre.

 

« Rien ne nous exprime au-delà de la mort, et j’ai parfois crié : “C’est ainsi que se fait la volonté des langues !” »

 

Lion d’argent

 

Parallèlement à la parution de ce nouvel album, Sarah Davachi a reçu le Lion d’argent 2026 de la Biennale de Venise, récompensant l’originalité de son œuvre électroacoustique. Cette distinction honore un artiste émergent — compositeur, interprète ou ensemble — dont la contribution à la musique contemporaine se distingue par son caractère exceptionnel et innovant. Parmi les précédents lauréats figurent Dai Fujikura (2017), Sebastian Rivas (2018), Matteo Franceschini (2019), Neue Vocalsolisten (2021), Ars Ludi (2022) et l’Ensemble Modern (2024).

 

La citation du jury souligne :

 

« Au cours des quinze dernières années, Sarah Davachi a constitué une œuvre qui explore de manière méticuleuse et rigoureuse les subtilités intimes du timbre et du temps, redéfinissant l’expérience d’écoute dans une pratique qui fusionne la recherche historique, la phénoménologie de la perception et l’expérimentation électroacoustique. Ses compositions, souvent fondées sur des durées prolongées et des systèmes d’accordage naturel, rendent perceptibles les variations les plus infimes de texture, d’intonation et de complexité harmonique, mettant en avant les phénomènes psychoacoustiques et les processus de transformation timbrale progressive.

 

Le travail de Davachi se situe à la croisée des structures minimalistes, des conceptions de la musique ancienne liées aux relations intervalliques et à l’affect, ainsi que des pratiques expérimentales de studio, souvent centrées sur l’usage de l’orgue à tuyaux et des instruments électroniques analogiques. »

 

À l’occasion de la Biennale Musica 2026, Sarah Davachi présentera la création mondiale d’une nouvelle œuvre pour ensemble acoustique. Parmi ses projets à venir figure également une pièce pour le GBSR Duo, commandée par Kings Place et créée en septembre 2026. Cette œuvre immersive exploitera notamment les possibilités du système de diffusion d&b audiotechnik de la salle n° 2 du lieu. En avril 2027, elle rejoindra James McVinnie et le LA Phil New Music Group pour la création d’une nouvelle œuvre pour orgue commandée par le LA Phil dans le cadre de sa série Green Umbrella.

 

Au-delà de ses nombreux enregistrements salués par la critique, Sarah Davachi s’est produite en concert dans des institutions telles que le Southbank Centre, le Barbican, l’INA grm, Kontraklang, l’Elbphilharmonie, le MoMA ou encore le Getty Institute. Ses commandes et collaborations incluent notamment des œuvres pour le London Contemporary Orchestra, le Quatuor Bozzini, l’Harmonic Space Orchestra, Apartment House, le Ghost Ensemble et Wild Up.

 

En 2020, elle a fondé Late Music, un label associé à Warp Records. Depuis lors, cette structure a documenté une part importante de sa production prolifique, publiant albums studio, compilations, enregistrements de concerts, coffrets, une collaboration cinématographique de trois heures ainsi que, plus récemment, le premier ouvrage du label : From The Ruins Of The Literal, qui rassemble sa thèse de doctorat consacrée à l’organologie critique, au timbre et à la poétique de l’affect.