Yôkaï

Humboldt
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Sortie le 16 octobre 2026

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Humpty Dumpty Records

Avec Humboldt, Yôkaï signe sans doute son projet le plus abouti à ce jour. Troisième album studio du groupe, il poursuit l’exploration d’un langage musical singulier où se croisent jazz, psychédélisme, dub, rock expérimental et paysages sonores cinématographiques.

 

Après un cycle de concerts autour de leur précédent album Coup de Grâce, l’année 2024 marque un tournant. Désormais resserré autour de six musiciens, le groupe opte pour une approche plus instinctive et épurée. Réunis dans différents lieux de résidence et espaces de création, les membres de Yôkaï développent une nouvelle matière musicale à partir de l’improvisation, laissant émerger naturellement structures, motifs et atmosphères avant qu’ils ne se transforment progressivement en compositions.

 

Le résultat est un album à la fois immédiat et ample. Enregistré en septembre 2024 au Free House de Capitane Records, à Bruxelles, puis mixé par Pieterjan Coppejans au Robot Studio de Gand et masterisé par Matt Colton aux mythiques Metropolis Studios de Londres, Humboldt capture un groupe qui se déleste du superflu tout en élargissant encore son horizon sonore.

 

Là où Coup de Grâce déployait souvent ses paysages comme un récit cinématographique au long cours, Humboldt avance avec davantage de tension, de mouvement et d’électricité. Rythmiques imprégnées de dub, synthétiseurs analogiques, guitares tranchantes et grooves hypnotiques se répondent dans un équilibre subtil entre énergie brute et dérive cosmique.

 

L’album met en lumière les signatures sonores d’Alex Gilain au Rogue Bass Moog et à la guitare baryton, de Yannick Dupont aux batteries et synthétiseurs, d’Eric Bribosia aux claviers et à l’orgue Crumar, dont les interventions apportent une tension presque cinématographique, ainsi que de Jordi Grognard au saxophone ténor, aux clarinettes, à la flûte et à l’EWI. Aux côtés des guitaristes Clément Nourry et Ivan Tirtiaux, ils façonnent ensemble des récits instrumentaux aussi aventureux qu’évocateurs.

 

Loin des influences éthio-jazz qui marquaient ses débuts il y a une décennie, Yôkaï évolue aujourd’hui dans un territoire qui lui appartient pleinement. Un espace où les textures héritées des library music des années 1980 rencontrent une sensibilité résolument contemporaine, où le groove devient un moteur narratif et où chaque pièce semble ouvrir sur un monde parallèle.

 

Ces compositions évoquent des futurs incertains, des réalités fragmentées et des paysages parfois dystopiques. Pourtant, malgré les ombres qui traversent l’album, l’humain demeure au centre du propos.

 

Le titre ‘Humboldt’ est lui-même porteur de multiples significations. Il renvoie notamment au glacier Humboldt, au Venezuela, l’un des derniers glaciers tropicaux de la planète, aujourd’hui voué à disparaître. Cette référence discrète fait écho aux thèmes de transformation, de fragilité et d’incertitude qui parcourent l’album. Mais loin du fatalisme, le disque s’achève sur une note lumineuse, laissant entrevoir la possibilité d’un avenir encore ouvert.

 

L’artwork conçu par le studio graphique Überknackig prolonge cette réflexion. Son esthétique volontairement glitch reflète un monde en perpétuelle mutation et constitue une nouvelle porte d’entrée dans l’univers mystérieux du groupe.

 

Avec Humboldt, Yôkaï poursuit son chemin singulier tout en affinant une identité sonore immédiatement reconnaissable. Leur alliance de rock, de jazz, de psychédélisme et d’explorations cosmiques évoque autant la vision de Jon Hassell que l’esprit aventureux associé au label International Anthem. Plus qu’un simple recueil de compositions instrumentales, Humboldt propose une immersion dans un univers cohérent, sensible et profondément contemporain, une bande-son possible pour notre époque, avec ses vertiges, ses incertitudes, mais aussi ses promesses.