Gaétan Nonchalant

Le Jazz

Sortie le 09 octobre 2026

Objet Disque

Difficile de situer précisément les origines de Gaétan Nonchalant. Faut-il les chercher à Tokyo, où il est monté sur scène pour la première fois à l’âge de 20 ans ? En Belgique, à laquelle renvoie son nom à la ville, Vandenbussche ? Ou encore en Normandie, qu’il célébrait avec élégance dans ‘Les plages du Nord’ ? Derrière ce personnage désinvolte et sa poésie qui semble échapper à la gravité, l’hypothèse d’un territoire imaginaire nous apparaît comme la plus crédible.

 

Révélé il y a six ans par l’EP Tout ça pour ça, apparu dans le paysage français comme une curiosité aussi inattendue qu’attachante avec son irrésistible valse ‘La Bérézina’, le musicien n’a depuis cessé de confirmer les promesses de ses débuts. Avec Changement de programme, où il chantait les ‘Champs de blés’ avec Philippe Katerine ou encore son tube soft rock ‘Les légumes’, il s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières de sa génération.

 

Il revient enfin cette année avec son deuxième long format : Le Jazz, prévu pour le 09 octobre sur le très classieux label Objet Disque (ARLT, Mocke, Grand Veymont).

 

Enregistré à la Bergerie, un lieu unique dans les Corbières, avec Astrobal (producteur de Laetitia Sadier, entre autres), cet album marque un virage dans la discographie du Français. Le disque respire la liberté, la prise de risque et l’amusement. Sa voix a changé : moins haut perchée, plus frontale. On se surprend à entendre la douceur d’un Pierre Vassiliu qui chanterait avec Joni Mitchell (‘There’s a Bird’), ou Véronique Sanson qui poserait une topline sur une prod de Tyler, the Creator (‘Perdu de vue’).

 

Un album ambitieux, ludique et moderne où l’on retrouve la crème de la crème des musiciens de studio comme Adrian Edeline (Sébastien Tellier), Vincent Guyot (Tricatel), Michelle Blades (Pomme, Flavien Berger) ainsi que des invités de marque et amis américains comme Aaron M. Olson (Tortoise, David Pajo).

 

Avec un esprit fin et une sincérité déconcertante, ses textes accompagnent à merveille les hauts et les bas de nos vies contemporaines. Comme sur le vertigineux ‘1983’ : « Je ferai confiance à l’hiver. La confiance… c’est tout ce qu’il me reste » ou sur l’émouvant ‘Le Vent’, « J’ai suivi le vent à l’improviste, moi qui n’étais qu’un piètre équilibriste. »

 

Finalement, Gaétan Nonchalant nous invite à voir le monde à travers son propre télescope , un monde où le banal devient fascinant, où les détours valent parfois mieux que les destinations.

 

On resterait bien à ses côtés, à se réchauffer les mains et le cœur pour quelques chansons de plus.