
Fenêtres ouvertes
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Sortie le 06 novembre 2026
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NAFF



Ritournelles acidulées, textes incisifs, éclats, murmures, vagues à l’âme et espoir : voici autant de contrastes qui coexistent en symbiose dans l’univers de Gabrielle Verleyen pour nous offrir une douce mélancolie lumineuse. À la croisée de la folk, de l’indie-pop et du rock alternatif, ses chansons accueillent les failles comme une part du vivant et nous rappellent que la lumière ne prend tout son sens qu’au contact de l’ombre.
Lorsque l’on ouvre le journal intime de Gabrielle enfant, on trouve des poèmes, des dessins, des petites nouvelles et, au milieu de tout ça, une phrase qui se détache: « Pour moi, chanter c’est m’exprimer. C’est presque un besoin vital ».
Rien n’a changé, depuis si ce n’est qu’elle a fini par mélanger poésie et musique pour en faire des chansons. D’ailleurs dans ses textes, elle parle presque exclusivement de ce qui l’habite, la hante et la questionne, de toutes ces petites blessures qu’elle ne sait comment exprimer autrement.
Persuadée pourtant que sa voix est laide et fausse, l’artiste belge n’ose chanter devant personne avant ses 20 ans passés et suit d’abord un parcours classique – des études de langues et littératures romanes à Bruxelles – avant de décider qu’il est grand temps de faire ce qui lui plaît. Elle s’échappe alors à Rotterdam, intègre un conservatoire en chant du monde et monte ses premiers groupes. De ce séjour de sept ans, il reste des souvenirs intenses et de la tristesse liée au retour dans son pays natal.
Un premier EP, Le Lac, écrit sur ce terreau nostalgique, sort en 2021. Plusieurs de ses chansons sont diffusées sur les ondes belges, et se hissent jusque dans la bande originale du film American Night d’Alessio Della Valle. Une belle reconnaissance pour la jeune femme qui avait déjà remporté le 3ème prix lors de la finale du F dans le texte la même année, l’amenant à faire des premières parties d’artistes internationaux tels que Dominique A, This Is the Kit ou SYML.
Aujourd’hui elle nous offre Fenêtres ouvertes, un premier album dont le paysage ressemble à une éclaircie dans la tempête, ou bien un orage au milieu d’un ciel bleu. Les premiers extraits de l’album, diffusés sur de nombreuses radios, dont FIP, en donnent un avant-goût, avec notamment le single ‘Love love love’, récompensé par le Prix de la Musique du concours VKRS (catégorie Speed-Clipping).
Né du besoin d’exprimer des sentiments et vécus douloureux, le vrai prétexte de cet album est pourtant d’ouvrir les fenêtres pour laisser entrer la lumière et tout ce qui va avec, sans chercher à résoudre mais plutôt à trouver une direction. Ouvrir les fenêtres, c’est aussi exposer des petits fragments de vie, accepter de rendre visibles des cicatrices longtemps cachées et les montrer au grand jour. Ça parle d’emprise, de violences conjugales, d’une paralysie faciale, de relations, à soi et aux autres, du temps perdu, autant de thématiques universelles qui sont abordées ici avec une plume à la fois intime, vulnérable et puissante. Toujours avec cette volonté de nous inviter à regarder les reflets à la surface du lac plutôt que les monstres qui le tapissent en profondeur. Sa production, à la fois brute et élégante, évoque autant la folk décalée d’Aldous Harding que la langueur de Lana Del Rey.
Enregistré par la chanteuse elle-même, avec un studio itinérant dans plus de dix lieux, jusque dans une armoire, l’atmosphère et la texture de cet album sont imprégnées d’aspérités, de sons ambiants, de témoins sonores de la vie qui palpite dehors, le tout créant ainsi un disque vivant. Un album qui résonne avec les préoccupations de son époque, celles qui invitent à l’acceptation de soi et de sa vulnérabilité.