Offo Vrae

Offo Vrae
—

Sortie le 05 février 2027

—

6T2 Records

Jawhar revient avec ce nouveau projet dans un tout autre registre que la folk/pop/chaâbi à laquelle il nous avait habitués. Après son cinquième album, sorti en 2025, il s’attelle à finaliser Offo Vrae, projet en français qu’il avait imaginé et écrit avant le premier confinement, pendant une période de grande transition dans sa vie. Le nom du projet est celui d’un personnage à travers lequel il essaie de sublimer les affres d’une séparation. La langue française, qui est la langue maternelle de ses enfants et la langue de sa « seconde vie », devient alors un outil qui sert à tisser leur nouveau lien quand il leur chante des chansons pour leur rendre cette période de transition plus douce.

 

« Le projet a connu plusieurs vies pour arriver à celle-ci. Ses premières ébauches et démos remontent à quelques années avant que son élan ne soit interrompu par le confinement. Ensuite, il y a eu des vagues d’autres morceaux et d’autres envies qui ont mené à d’autres albums de Jawhar, mais le projet continuait à chercher son chemin en parallèle. Je sentais que sa ligne de temps était différente et qu’il fallait le laisser se débrouiller avec cette contrainte. Les rencontres avec Marc, avec qui un travail de production musicale de longue haleine a été mené, et Guillemette, qui a insufflé une nouvelle énergie et une nouvelle vision artistique au projet, ont fait que tout s’est enfin mis en place. Théo et Arthur nous ont rejoints avec leur part de magie pour compléter l’équipe. »

 

« Offo Vrae est un personnage qui m’habite les jours de grand froid, qui quitte des rivages, se défait de toutes identités pour des refuges indicibles, puis raconte son histoire, celle d’un oiseau qui voit tout et ne survole rien. »

 

Né d’une mère professeure de littérature arabe, éprise de musique et de poésie, et d’un père qui se consacre au théâtre puis à la politique culturelle, Jawhar Ben Abderraouf El Basti grandit à Radès, dans la banlieue nord de Tunis. Le chemin vers l’école, dans cette petite banlieue populaire, est pour lui le premier parcours initiatique à explorer dans tous ses recoins. Très tôt, il est fasciné par une certaine culture populaire, par la force de ses images et de ses expressions verbales, musicales et gestuelles.

 

Cependant, quand il part à l’âge de vingt ans étudier l’anglais à Lille, c’est plutôt la poésie abstraite qui l’attire, celle de William Blake et d’Emily Dickinson… À cela s’ajoute un amour grandissant pour un certain Nick Drake, qui le liera de manière irrévocable à son folk impressionniste.

 

Parallèlement à ses études, il aborde la scène et le jeu d’acteur via le théâtre universitaire anglophone (il y joue des rôles tels qu’Othello, Brick dans Chatte sur un toit brûlant et Proctor dans Les Sorcières de Salem), puis le conservatoire d’art dramatique de Lille, qu’il quitte au bout de la première année, son « accent de facteur » étant un sujet de discorde avec le professeur principal. Il rencontre ensuite Daniel Fatous (auteur, conteur et metteur en scène), qui lui fait découvrir un tout autre théâtre, basé sur notre capacité à amener de l’humain sur scène plutôt que de l’artifice. Pas tout à fait l’enfer, adaptation de Paroles d’esclaves de James Mellon, est une pièce qu’ils présentent à Avignon durant l’été 2001.

 

Pendant ce temps, Jawhar développe sa musique en autodidacte et enregistre son premier album, qu’il autoproduit d’abord et qui ressort ensuite via un label bruxellois. When Rainbows Call My Rainbows Fly est salué par la presse comme « un soufflant premier album d’un prodige du song-writing » (Les Inrockuptibles).

 

La Belgique et lui s’adoptent mutuellement. Installé d’abord à Bruxelles, puis à la campagne, il y trouve un terreau favorable pour expérimenter de nouveaux projets musicaux et développer des collaborations. Il y fait également du théâtre au sein du collectif La Fabrique du Vent, travaillant notamment sur un texte d’Eugène Savitzkaya, Célébration d’un mariage improbable et illimité, pour une création mise en scène par Leslie Maerschalk.

 

À la naissance de son premier enfant, il ressent un besoin pressant de retourner en Tunisie et d’y développer des projets. Après une expérience de cinéma avec Fadhel Jaziri, il rencontre Anissa Daoud et Lotfi Achour autour d’un projet de théâtre documentaire et au sein d’une nouvelle structure (APA). Leur première création, Hobb Story, qui vient questionner l’amour et le sexe dans le monde arabe et dans laquelle il est acteur et auteur-compositeur des chansons jouées en live, rencontre un certain succès. Une deuxième création, adaptation libre en tunisien de Macbeth, Leila & Ben, dont il est coauteur et compositeur et dans laquelle il joue le rôle-titre, voit le jour à l’été 2012, dans le cadre des Olympiades culturelles de Londres.

 

Il s’associe également à la chorégraphe Nawel Skandrani, avec qui il collabore d’abord sur un duo, Arscé/seu/lement, au lendemain de la révolution tunisienne, et pour qui il signera ensuite les musiques — jouées en live — de deux créations successives, 100 % Water et Ré-existence.

 

Qibla Wa Qobla (Le baiser et l’orientation de la prière), le deuxième album de Jawhar, sort en 2014 (Naff Rekordz) et remporte un Octave de la musique (meilleur album world de l’année) en Belgique. La presse y voit une « mosaïque chatoyante où pop et soufi ont appris à parler le même langage : celui de la musique universelle et intemporelle » (Musiczine), ainsi qu’un album où « des chansons folk teintées de pop s’accouplent à des réminiscences de mezoued tunisien pour que la langue arabe dévoile sa nature intrinsèquement musicale, nostalgique et érotique » (Les Inrockuptibles).

 

Peu après son deuxième album, il collabore de nouveau avec Lotfi Achour sur un court métrage dans lequel il joue un rôle de composition (un flic véreux) et dont il signe également la bande originale. La laine sur le dos est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2016.

 

Pendant le processus d’écriture de son troisième album, il ouvre une parenthèse électro avec le projet Yallah Bye, qui était au départ une création pour Balkan Trafik avec la chanteuse hongroise Monika Miczura et qui finit par donner lieu à une tournée de festivals à travers le monde.

 

Son troisième album, Winrah Marah (62TV Records/PIAS), le voit écrire pour un groupe qui gagne en complicité et en cohérence. « Exposée aux charmes d’un rock sombre et raffiné, la musique de Jawhar gagne en intensité, sans perdre son authenticité » (Larsen). Pensé comme un album-concept, Winrah Marah réunit dix chansons qui « racontent des personnages vivant en marge de la société, mal compris, luttant pour leur singularité, des histoires qui portent en creux un regard critique sur la société, évoquent une certaine désillusion » (Le Monde). L’album, marqué notamment par un passage remarqué du groupe aux Trans Musicales de Rennes en 2019, connaît un bel accueil critique et le fait connaître d’un public plus large.

 

Son quatrième album, Tasweerah (image, instantané, projection de l’esprit), s’est construit et enregistré pendant les multiples confinements. Il porte d’ailleurs la trace d’un certain enfermement et d’un avenir peu certain que nous renvoyait cette période.

 

Il a également collaboré avec Françoiz Breut sur ‘La Fissure’, un duo qu’ils ont coécrit et qui apparaît sur l’avant-dernier album de Françoiz, en 2024.

 

La même année sort la BO du long métrage Les Enfants rouges de Lotfi Achour, que Jawhar cosigne avec Venceslas Catz.

 

Khyoot (2025), son cinquième album, est le fruit d’une période de renouveau et d’une envie de renouer avec une certaine légèreté et avec cette « simplicité complexe », celle de garder, à l’exécution et à l’enregistrement, le même frisson que celui qu’on ressent au moment où une chanson voit le jour. Un retour à la folk, en somme.

 

En 2026, il relance le projet Offo Vrae, qu’il avait imaginé et écrit avant le premier confinement, pendant une période de grande transition dans sa vie. Le nom du projet est celui d’un personnage à travers lequel il essaie de sublimer les affres d’une séparation. La langue française, qui est la langue maternelle de ses enfants et la langue de sa « seconde vie », devient alors un outil qui sert à tisser leur nouveau lien quand il leur chante des chansons pour leur rendre cette période de transition plus douce.

 

Le projet connaît une première apparition, sous une forme très intimiste, aux Nuits Botanique en 2020, avant de prendre le temps de mûrir à son propre rythme, en parallèle de l’avancement du projet principal, pour enfin trouver sa forme actuelle.