Nina Hagen

HiGHWAY TO HEAVEN

Sortie le 27 mars 2026

Groenland Records

Née à Berlin-Est en 1955 sous le nom de Catharina Hagen, Nina Hagen est depuis des décennies l’une des figures les plus influentes et singulières de la musique et de la culture germanophones et internationales. Issue d’une famille d’artistes, elle développe très tôt une présence vocale et théâtrale hors du commun. Elle connaît ses premiers succès professionnels en RDA, où elle apparaît dans des productions cinématographiques de la DEFA et s’impose comme l’une des jeunes voix les plus populaires du pays grâce à la chanson à succès ‘Du hast den Farbfilm vergessen’.

 

Comme elle le racontera plus tard dans ses autobiographies Mein sinnliches und übersinnliches Leben (1988) et Bekenntnisse (2010), Nina Hagen a été exposée à de graves dangers durant sa jeunesse en RDA. Un tournant décisif survient en 1972, à la suite d’une expérience de mort imminente sous LSD, qu’elle décrira elle-même comme un « baptême du feu dans le Saint-Esprit ». Dès lors, sa foi en Dieu et en Jésus-Christ devient une force structurante de sa vie, qu’elle proclame de plus en plus ouvertement lors de ses concerts à partir de la fin des années 1970. Ses liens étroits avec la scène des auteurs-compositeurs-interprètes et de l’opposition est-allemande, notamment avec Wolf Biermann, lui permettent de quitter le pays en 1976. Cette rupture politique marque le véritable point de départ de sa carrière internationale.

 

À l’Ouest, Nina Hagen trouve un terrain d’expression idéal dans les mouvements punk et new wave naissants, propices à son énergie créative et à son goût pour l’expérimentation. En 1977, au cœur de la révolution punk et lors de son premier séjour à Londres, elle tient le rôle principal féminin dans The Go Blue Girl, un court métrage avant-gardiste de Juliana Grigorova. Celle-ci deviendra par la suite sa manager dans les années 1980 et produira avec elle de nombreux clips et enregistrements de concerts.

 

De retour à Berlin-Ouest, le légendaire Nina Hagen Band se forme en 1977, avec des musiciens issus de Lokomotive Kreuzberg et le claviériste Reinhold Heil. Leur premier album éponyme, paru en 1978, devient rapidement un jalon majeur de l’histoire de la pop allemande. Dès 1979, Nina Hagen choisit toutefois de se séparer du groupe afin de poursuivre à nouveau une carrière solo indépendante.

 

Elle s’installe ensuite à New York et à Los Angeles, où elle s’immerge dans le discours avant-gardiste international et le transforme en un langage artistique profondément personnel. Durant cette période, elle tombe enceinte de son premier enfant, Cosma, tout en trouvant un épanouissement créatif dans la réalisation de son premier album en anglais, NunSexMonkRock (1982). Œuvre expressive et sans compromis, cet album s’impose comme une proposition esthétiquement révolutionnaire en matière de liberté artistique. Parallèlement à sa production musicale, la figure publique de Nina Hagen s’affirme comme l’une des voix et des artistes les plus marquantes du paysage culturel et politique de l’époque. Lors du légendaire festival Rock in Rio en 1985, ainsi que lors de tournées en Amérique du Nord et du Sud, au Japon et en Europe, elle captive à maintes reprises un public fidèle et enthousiaste.

 

Dès ses débuts, Nina Hagen prend des positions claires et publiques sur des thèmes tels que la paix et la justice, la lutte contre le racisme, la protection de l’environnement, les droits des animaux et la dignité humaine. Cet engagement demeure aujourd’hui indissociable de son identité artistique. La naissance de ses deux enfants, Cosma (1981) et Otis (1990), marque par ailleurs des étapes profondément personnelles au cours d’une phase de développement humain et créatif intense.

 

Son style unique et sa grande diversité s’expriment dans une œuvre foisonnante qui, de la fin des années 1970 à aujourd’hui, englobe des albums rock et pop, des productions électroniques, des projets spirituels et religieux, des programmes gospel et Brecht, ainsi que des albums conceptuels en allemand et en anglais. Des disques tels que Angstlos/Fearless (1983), In Ekstase/In Ecstasy (1985), Nina Hagen (1989), Street (1991), Revolution Ballroom (1993), BeeHappy & Freud Euch (1996), Return of the Mother (2000), Irgendwo auf der Welt (2006), l’album gospel-rock Personal Jesus (2010), Volksbeat (2011) et UNiTY (2022) témoignent de la richesse et de l’amplitude de son répertoire.

 

Quel que soit le genre exploré, son credo artistique reste inchangé : une authenticité radicale, un engagement social constant et un refus tenace de se plier aux conventions esthétiques. Au-delà de la musique, Nina Hagen conserve une présence culturelle forte. En 2009, à l’âge de 54 ans, elle est officiellement baptisée. Elle produit alors son premier album gospel autofinancé, publie son autobiographie et entame de longues tournées mêlant gospel et lectures. Elle poursuit également son travail d’actrice comique et de doubleuse, produit des livres audio, apparaît à la télévision et collabore avec des artistes issus d’horizons très variés, du punk à la musique orchestrale, de la pop à la littérature et aux performances artistiques. Ses concerts, proposés dans d’innombrables formations et formats, jouissent encore aujourd’hui d’un statut culte.

 

Nina Hagen demeure un phénomène artistique à part : une chanteuse et interprète de renommée internationale, une voix politiquement engagée et une personnalité dont l’œuvre, couvrant cinq octaves et plusieurs décennies, oscille sans cesse entre critique sociale, spiritualité, divertissement et innovation artistique. Son influence dépasse largement le champ musical, faisant d’elle l’une des figures les plus marquantes de l’histoire culturelle contemporaine allemande et internationale.

 

Nina Hagen est de retour en 2026, portée par une tempête gospel impossible à ignorer. Quinze ans après son album culte Personal Jesus, la pionnière iconique du punk revient à l’une de ses passions fondatrices : le gospel. Avec HiGHWAY TO HEAVEN, son 20ᵉ album studio, elle livre une œuvre qui tient moins du retour que d’un nouveau départ audacieux, libre et sans compromis — 100 % Nina.

 

« Les chansons viennent à nous », confie-t-elle. Et de fait, les quatorze titres réunis ici semblent l’avoir toujours attendue. Elle puise dans le vaste héritage du gospel et se tourne vers des voix qui l’accompagnent depuis des décennies : Sister Rosetta Tharpe, pionnière du rock’n’roll, Mahalia Jackson, dont la puissance expressive demeure inégalée, ainsi que les grands classiques du gospel sudiste, qu’elle éclaire d’un jour nouveau grâce à son interprétation unique.

 

La chanson-titre, ‘There’s A Highway To Heaven’ (loin d’un clin d’œil à AC/DC) s’impose comme un hommage appuyé à Sister Rosetta Tharpe. Elle devient un moment particulièrement intime, réinterprété aux côtés de son amie de longue date Gitte Hænning, source d’inspiration pour Nina depuis les années 1970.

 

L’album accueille également une invitée d’exception : Nana Mouskouri, présente en tant que collaboratrice artistique spéciale. Ensemble, elles interprètent ‘Never Grow Old’, un titre qui a jadis bouleversé Johnny Cash et Aretha Franklin. Nina Hagen y apporte une couleur nouvelle, véritable fil conducteur de l’album. ‘Never Grow Old’ se teinte d’Americana, ‘Dust on the Bible’ adopte une chaleureuse inflexion reggae, tandis que ‘Somebody Prayed for Me’ laisse surgir ses racines punk : une interprétation directe, sincère et débordante d’énergie.

 

Parmi les autres invités remarquables figure le chanteur-compositeur blues-rock Daniel Welbat, qui rejoint Nina sur l’hymne gospel aux accents blues ‘Hand It Over’, d’une intensité saisissante.

 

Avec ‘Alle wollen in den Himmel’, Nina signe un jalon profondément personnel. Elle adapte en allemand ‘Everybody Wanna Go to Heaven’ et y ajoute un couplet consacré à Bertolt Brecht, dont l’œuvre théâtrale a nourri sa jeunesse et l’a menée vers la Bible, la spiritualité et les questions sociales. Ce morceau illustre à quel point son parcours artistique, sa biographie et sa quête intérieure sont indissociables.

 

HiGHWAY TO HEAVEN est un album traversé par l’amour, l’humour, la profondeur et la dévotion. Une création gospel-rock-pop qui honore la tradition sans jamais s’y enfermer, mettant en lumière la voix inimitable, la conviction et la liberté sans limites de Nina Hagen.

 

Tout le monde veut aller au paradis. Nina, elle, ouvre la porte — frontalement, passionnément, et à sa manière.

 

La voie est libre.