Donna Blue

In The Realm of Love

Sortie le 08 mars 2024

Snowstar Records

Donna Blue est formé de Danique van Kesteren et Bart van Dalen, un couple de musiciens hollandais qui créent une pop Sixties chic mêlant anglais et français, drapée dans une brume psychédélique et un romantisme noir onirique et feutré. Ils sont dans le sillage de Nancy & Lee, Serge Gainsbourg et Julee Cruise, et puisent également leur inspiration chez des compositeurs de musique de films tels que Ennio Morricone, Piero Piccioni et John Barry. Leur son nous entraîne dans le monde révolu des poètes, des rêveurs, d’une Côte d’Azur vaporeuse et des films d’espionnage des années 60.

 

Le deuxième album de Donna Blue, Into The Realm of Love, fait suite à Dark Roses, qui leur a valu en 2022 les faveurs d’Elton John, dans son émission de radio Beats1 Rocket Hour, ainsi que de Gilles Peterson sur BBC Radio 6 Music, ou encore des apparitions à la radio américaine et européenne. Le duo a également tourné au SXSW d’Austin et a enregistré une session aux Past Studios, à New York. Leur musique a été écoutée plus de 10 millions de fois.

 

Le romantisme vintage et onirique de Into The Realm of Love se reflète dans le sujet souvent ésotérique de chansons très personnelles, qui mêlent mythologie, spirituel, exotisme et romantisme noir. Elles parlent des expériences actuelles du duo et de leur amour pour les histoires classiques, inspirées par des artistes des années 1960 comme les duos Nancy & Lee, Serge & Jane, ou Ramses & Liesbeth. On retrouve cet esprit sur « Aphrodite » – que Donna Blue décrit comme « un duo en forme de mythe » au sujet d’un homme qui essaie de prouver sa valeur à une femme uniquement intéressée par ce qu’il peut faire pour elle – et sur la pop baroque Sixties de « The Hunter », qui réécrit l’histoire de Cupidon pour notre modernité cynique. Le théâtre des rencontres modernes est également exploré dans le premier single de l’album, « Fantasy Girl », où Donna Blue s’intéresse aux « illusoires séductions du monde en ligne, un endroit qui nous invite constamment à tomber amoureux d’une version fantaisiste de nous-même, et des autres ». Son grain onirique lui donne des allures de bande-son vintage, qui contraste avec « The Cusp of Love », dont le jazz spirituel puise sa source chez Sun-Ra, Pharaoh Sanders et Laurindo Almeida, et se présente comme une méditation hypnotique sur l’attrait de l’intimité physique en période de doute.

 

Le morceau psychédélique qui ouvre l’album, « Harmony of Spheres », emporte l’auditeur sur un chemin plus trippant, tant sur le plan du son que des mots, en explorant la façon dont les corps célestes (le soleil, la lune et les planètes) se déplacent comme une forme de musique. « Tout ce qui nous entoure émet une sorte de bourdonnement, un royaume invisible dans lequel on ne peut pénétrer qu’en écoutant son âme, explique le duo. Que se passerait-il si on rencontrait ce son universel sous la forme de l’amour (deux personnes en orbite l’une autour de l’autre en parfaite harmonie), ou peut-être une idée de chanson qui semble plus spéciale que les autres ? »

 

Il y a ensuite l’entraînant « Labyrinth », qui donne l’impression d’avoir été redécouvert dans les coffres de l’époque Yé-Yé, et dont les paroles racontent une histoire édifiante sur les difficultés de l’industrie musicale moderne.

 

Le splendide morceau de clôture, « In Blue », mérite qu’on s’attarde sur son groove envoûtant et régulier, et son séduisant sifflotement qui se clôt en un délicieux crescendo à la fin de l’album. Une nostalgie ouatée et une fraîcheur naturelle qui résument parfaitement l’ambiance de In The Realm of Love.