BAAUER

Planet's Mad

Sortie le 5 juin 2020

Lucky Me

Un monde similaire au nôtre. Des rues vides. La panique plane. Le chaos menace. Une planète vagabonde fonce tout droit sur la Terre, sa course est implacable. Bienvenue chez Planet’s Mad, la nouvelle expérience épique du savant fou de la musique dance, Baauer.

Planet’s Mad n’est pas qu’un album. C’est un énorme chantier de construction d’un monde (d’un monde lancé dans une course folle, donc) à l’image d’un blockbuster cinématique, un univers immersif sorti de l’esprit de l’un des talents les plus révolutionnaires du paysage pop contemporain. Et il s’apprête à rejoindre notre galaxie.

Sans surprise, la musique est au cœur de l’expérience. Mais ses origines pourraient, elles, vous étonner. Baauer n’a jamais été un pur musicien EDM. Réécoutez « Harlem Shake », huit ans après son incroyable succès planétaire, et vous remarquerez des allusions soniques à l’électro rap des années 1980 et une saveur latine new-yorkaise. Aa, son premier album très hip-hop en 2016, s’approchait de son objectif, faire « quelque chose de bizarre, de particulier, d’inclassable », comme il le décrit. Planet’s Mad atteint cet objectif, passant en revue tous les genres jusqu’à les fusionner en quelque chose de trop fou et complexe pour le caractériser.

Cette fois Baauer revient aux sons qui l’ont bercé à ses débuts de beatmaker à 13 ans. On y trouve de gros tas de big beat des années 1990 fait pour les stades et du maximalisme exubérant et sans complexe de Fatboy Slim et Basement Jaxx, que Baauer canalise au moyen de samples, de synthés surréalistes et de breakbeats. Il s’inspire de Gorillaz pour mélanger musique et storytelling multimédia, et il suit religieusement leurs traces dans l’exploitation du côté excentrique de son talent artistique. Le marqueur de ce travail est une nouvelle interprétation de l’échelle sonique fondée sur les musiques de films, qui correspond à ses ambitions cinématiques démesurées.

C’est en tandem que l’histoire de la planète vagabonde (un réel phénomène cosmologique) et ses habitants extraterrestres ont créé la musique. Chacun des extraterrestres est né au même moment que chacun des morceaux de l’album, à travers une synesthésie imaginative où le son évoque une forme physique bien particulière : les ambiances de forêt tropicale luxuriante de « Cool One Seven One » évoquent des perroquets prétentieux, l’hyper-rave inter-dimensionnelle et frénétique du single « Aether » donne vie à une créature proche du ptérodactyle. Par chance pour les Terriens de l’histoire, ils sont invités à la fête.

Quant à ce que se racontent ces protagonistes quand ils se rencontrent, on le saura au fil des explorations de Baauer et de son équipe de collaborateurs dans des clips (créés par Rick Farin et Claire Cochran de Actual Objects), des posts sur les réseaux sociaux et des événements dans la vie réelle qui brouilleront davantage les frontières entre fiction et réalité. Baauer nous invite à entrer dans un univers, et cet album n’est que la première étape.

« Je veux surtout raconter des histoires, pas seulement faire des disques. Je veux me servir de tous les moyens de communication pour essayer de construire un monde plus vaste. »