
III
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Sortie le 27 mars 2026
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Sony Music



Après deux albums entièrement tournés vers l’épure rêveuse de mélodies jouées seul au piano, Alban Claudin ouvre sa musique à de nouveaux horizons. Avec III, le compositeur ourle ses courtes pièces d’arrangements pour cordes, vents ou orgue, brossant des paysages délicatement contrastés, préservés des fracas du monde. Concises et avenantes, tour à tour minimalistes ou plus densément romantiques, ses compositions forment un album ambitieux – expression pleine et entière d’un artiste en mouvement.
En intitulant son premier album It’s a Long Way to Happiness en 2021, Alban Claudin savait que l’important ici, c’était bien le chemin – tracé patiemment depuis l’enfance, ouvert aux rencontres et aux aventures, sinuant entre paysages fréquentés et lieux refuges. Ces abris ont jusque-là pris la forme de deux disques où le compositeur déployait son art de la mélodie seul au piano, dans un léger mouvement de recul face au monde tel que nous l’habitons, rapide, stimulant, saturé d’images et de sons. Si III est né au même endroit, dans cette quiétude métaphorique du lieu où l’on se retire en soi-même pour composer et celle plus concrète des paysages de Bourgogne où Alban Claudin se ressource régulièrement, ce troisième album s’ouvre à d’autres horizons. Le piano est toujours au cœur de ces architectures délicates et organiques mais dialogue souvent avec d’autres instruments – saxophone, clarinette basse, violon, violoncelle, orgue – dont le compositeur a rêvé très tôt la présence et écrit seul les arrangements.
Toujours guidées par des mélodies pure et agiles, ses pièces s’en trouvent éclairées différemment et III saisit par son art du contraste, la précision de son trait, la richesse de ses couleurs. Alban Claudin y engage des petites courses rectilignes héritées des minimalistes (‘The Run’, cordes du piano frappées en rythme et cavalcade de vents ; ‘L’échappée’, orgue, flux et reflux de cordes ; ‘L’Île’, piano et léger traitement électronique) comme des échappées romantiques (la presque valse ‘Of Love’ ou ‘Origami’, dépliée en un émouvant foisonnement de cordes). Certaines pièces très courtes saisissent un moment à part, flottant, comme cette ‘Phantasia’ dont la mélodie dense et ondoyante finit par s’évanouir dans un bref dédale de sons étranges. Car le sens de la mélodie et la science des arrangements d’Alban Claudin rencontrent tout au long du disque un travail pointilliste et audacieux sur les textures sonores, qui le rend à la fois homogène et singulier. Et on peut bien convoquer les références, citer Max Richter ou Yann Tiersen, Ólafur Arnalds ou Nils Frahm, Jessica Moss ou Andrew Bird, les minimalistes américains ou les compositeurs français du premier 20e siècle, en un balancement constant entre spontanéité de la pop expérimentale et rigueur de la partition, la musique du compositeur – ainsi peaufinée en solitaire dans un studio dont il tire le maximum – se laisse difficilement réduire à une étiquette.
Elle est en cela le fruit d’un cheminement long et riche. Car si aux yeux du public – de plus en plus nombreux – Alban Claudin est une jeune figure de la scène musicale appréciée pour ses albums, ses concerts vivifiants et ses reprises intrépides encapsulées en vidéos devenues virales, le musicien multiplie les expériences et collaborations. Son passé de batteur dans des groupes de rock, son cheminement dans la composition pour le cinéma et l’image, son travail en studio ou sur scène aux côtés de ses pairs – La Féline, Clara Luciani ou Mika – lui permettent d’affiner et affirmer la singularité de ses projets personnels. III est l’œuvre radieuse et intense d’un compositeur qui a choisi d’inventer le chemin qu’il emprunte en suivant ses intuitions. Nées d’une tension entre le goût du mouvement et l’appel du calme, le grondement des tourments et la recherche d’une plénitude intérieure, les 13 pièces qui composent l’album abritent des lieux, des émotions et des sentiments, et seront elles-mêmes des refuges pour quiconque s’y abandonnera.