congratulations

Join Hands

Sortie le 13 février 2026

Bella Union

Vous vous souvenez du bon vieux temps ? Le groupe congratulations, lui, s’en souvient parfaitement. Composé de Jamie Chellar à la guitare, Greg Burns à la basse, James Gillingham à la batterie et Leah Stanhope au chant, le quatuor jongle avec soin entre pop des années 80, indie des années 2000 et rock expérimental moderne, créant un son à la fois délicieusement nostalgique et résolument contemporain. Vêtus d’uniformes aux couleurs primaires — au point d’être surnommés « punk rock Power Rangers » — et écrivant sur les milléniaux délirants, les croque-mitaine fantomatiques ou les coupes de cheveux mémorables, congratulations a bâti une carrière courte mais fulgurante, sans jamais se prendre trop au sérieux. Ironiquement, c’est peut-être le groupe qui prend le plus au sérieux le fait de ne pas se prendre au sérieux.

 

Mais leur musique n’est ni aléatoire ni floue. C’est justement cette insouciance qui leur permet de créer un style unique, libre de tout idéalisme prétentieux ou posture de rock star. Le groupe a commencé en trio, lorsque Jamie, James et Greg se sont rencontrés à l’université autour de leur passion commune pour le rock à la guitare. L’arrivée de Leah, présentée par la sœur de Jamie, a été la pièce manquante qui a donné forme au projet. « L’arrivée de Leah était exactement ce dont nous avions besoin », confie Jamie.

 

Au sein du groupe, chacun cherche à maintenir un esprit de liberté créative. Les sessions studio ne consistent pas seulement à composer morceau après morceau, mais à fusionner leurs styles et influences variés en un ensemble cohérent. « Les influences de Jamie penchent clairement vers le soul-funk », explique Leah. « Moi, j’ai un passé dans le metal, donc j’apporte une touche plus brute. James est très branché pop contemporaine, il enrichit nos morceaux de textures musicales stimulantes. Et Greg, c’est le surfeur à la Beach Boys de service. »

 

Sur un morceau de congratulations, un riff de guitare surf-pop peut s’entrelacer avec des mélodies synthétiques dodues comme sur ‘This Life’, ou des cordes psychédéliques à la White Album se mêler aux harmonies somptueuses de Leah, comme sur ‘Bubbles’. Leur approche est simple : la chanson est primordiale. « La musicalité est essentielle pour nous », insiste Jamie. « Il s’agit du plaisir de créer, pas seulement de tourner ou de transmettre un message. » Leah illustre cette idée avec une image : « Imaginez une personne attachée à quatre cordes. Chacun de nous tire sur une corde dans sa direction. La personne, c’est la chanson. »

 

Cette tension créative définit l’identité du groupe. Forts d’une admiration pour la pop des années 80 — Prince, Madonna, Devo — ils s’en inspirent pour forger leur propre son, et non pour rendre hommage. Côté paroles, le processus est instinctif : la musique vient d’abord, les mots suivent. Le résultat ressemble à un journal intime collectif, un aperçu du cerveau de quatre amis. « L’album est un collage de tout ce que nous pensons et ressentons », résume Jamie.

 

Une pièce maîtresse de ce puzzle est le producteur Luke Phillips, alias ICEBEING, le « cinquième membre » de facto du groupe. Leur complicité se ressent tout au long de l’album. Le titre phare, ‘City Boy’, illustre leur goût pour le disco, avec un break à la Donna Summer/Giorgio Moroder où Leah chante « My hair is long / My ass is free ». Mais c’est ‘Fought 4 Love’ qui capture le mieux l’essence de congratulations : un riff entraînant, groovy et tonitruant, à mi-chemin entre dance-rock des années 2000 et new wave classique. « C’est une chanson anti-amour », explique Jamie. « Les couplets sont essentiels : dans nos morceaux préférés, n’importe quelle partie peut devenir le refrain. »

 

C’est cette alchimie qui rend congratulations irrésistible. Au-delà des mélodies pop, des vibrations exaltantes et du style années 80, la magie réside dans la rencontre de quatre talents différents, unis par une vision créative commune, capables de créer quelque chose qui les dépasse.