Alexis Croisé

Komorebi EP

Sortie le 12 décembre 2025

Entreprise Musique

Ce sont des histoires sans mot. D’abord le souffle, les ondes et la peau.

 

Avec Komorebi, son, nouvel EP sensible et solaire, entre ambient et piano feutré, Alexis Croisé dévoile six titres pour fuir la nervosité urbaine, le rythme harassant des grandes villes, et retrouver des mouvements plus souples et plus organiques.

 

Une étude récente nous dit qu’il suffit d’écouter 6 minutes de chants d’oiseaux pour que les pensées irrationnelles et l’anxiété s’apaisent : de la même manière, ‘Komorebi’, un mot japonais intraduisible, qui dit le soleil filtrant par les feuilles des arbres, a été pensé comme une randonnée sonore, vers des terres apaisées.

 

Dans cet EP, Alexis Croisé affirme, par la musique, son engagement en faveur du vivant — lui qui a d’ailleurs proposé à l’automne des « résidences solidaires » en faveur d’associations comme Les soulèvements de la terre ou La ligue pour la protection des oiseaux.

 

Le regard triste d’un léopard, par exemple, qui s’épuise à tourner dans sa cage et rêve d’ailleurs, comme Alexis coincé dans le brouhaha frénétique de la ville, donnera le titre ‘Sad Leopard Boi’. Accompagné des nappes synthétiques d’Aja, le morceau néo-classique s’articule d’abord autour d’un motif central, avant de s’élever et de s’ouvrir, comme guidé par la lumière.

 

Le souvenir du grand-père néerlandais d’Alexis, proche de la mort et figé dans l’immobilité de l’Alzheimer, mais dont le regard paraît ramené à la vie par un papillon tournant autour de lui, s’incarnera, lui, dans le morceau ‘Le voyage d’Opa’.

 

Les 6 morceaux de Komorebi d’Alexis Croisé se sont tissés comme ça, à partir des vies des autres et de la sienne. Dans un mouvement de va et vient permanent, entre un instrument, le piano, et le monde.

 

Le pianiste, dont c’est le deuxième EP instrumental (le premier, Superhero, paraissait en 2024), s’est avant cela illustré comme musicien dans plusieurs groupes de pop indépendante (Biche ou Mottomoda), ou comme claviériste, sur scène, avec Clara Luciani, Leonie Pernet ou Gaetan Nonchalant.

 

Ici, c’est à son intimité la plus vibrante qu’on accède. À sa curiosité aussi.

 

Car pour étoffer ces compositions allantes ou mélancoliques (qui font parfois penser aux B.O de Hisaishi ou à certains disques de Sakamoto), Alexis est allé prendre l’air, partout en France. Avec un enregistreur, il a capté les chants de plusieurs types d’oiseaux, seul ou accompagné d’un ornithologue. Il a aussi capté les sons des rivières, de la mer, différents souffles du vent, des voix. La respiration et les ongles qui frappent l’ivoire des touches du piano, les frottements des marteaux aussi, tout cela est aussi venu se fondre dans les enregistrements. Pas à pas, le bruissement du monde s’est mêlé à sa solitude, et le disque est devenu comme un lieu à part.

 

Un lieu calme, mais foisonnant de détails, où l’on peut ré-apprendre à respirer.

 

Par la musique, repousser un peu les murs et laisser passer la lumière — Komorebi.