Vera Sola

Shades

Sortie le 9 novembre 2018

Spectraphonics Records

Vera Sola est une chanteuse, compositrice et multi-instrumentiste. Ses origines : une famille composée de plusieurs générations de spiritualistes, d’écrivains et d’artistes, une terre hantée par de nombreuses légendes littéraires et musicales, un bouleversement personnel et un décalage avec son temps.

 

Une voix délicate – la base de ses chansons obsédantes –, un son intemporel et une présence sur scène captivante la rapprochent étrangement à la fois de Vera Lynn et Vera Hall : d’un côté une grande dame du music-hall anglais, et de l’autre une chanteuse de l’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, de spirituals et de chants de travail (le plus souvent a capella).

 

Enfant, Vera joue du piano classique, puis elle apprend la guitare et la basse, se fiant davantage à son instinct qu’à une méthode d’apprentissage. Elle a toujours énormément lu et écrit, a toujours écrit de la poésie, et nourrit une fascination pour les jeux de mots. Elle est tombée amoureuse de la littérature russe et des œuvres de Dylan Thomas, James Joyce et William Faulkner. Tout ce savoir littéraire et musical ainsi que des années de tournée avec le groupe d’Elvis Perkins et quelques performances vocales pour le théâtre, entre autres, permettent à Vera Sola de se lancer.

 

Ce n’est qu’au début de l’année 2017, quand elle réserve le studio Native Sound dans la ville de Saint-Louis, que Vera commence à envisager l’idée d’enregistrer son propre travail. A ce moment-là elle n’a encore jamais partagé sa musique, pas même avec sa famille ou ses amis proches, et n’a même jamais enregistré quoi que ce soit.

 

Malgré une vie de performances publiques, Vera sent comme une barrière qui bloque sa voix. Elle écrit et joue facilement, mais chanter ses propres chansons représente un nouveau défi, qu’elle ne peut expliquer ni relever.

 

Tout ça va changer. Juste avant son départ pour Saint-Louis, une série d’événements marquants transforme son rapport à sa musique. Un changement radical de sa vision des choses efface la peur qui l’empêchait de traduire le son dans ses veines en chanson.

 

Elle entre en studio, et choisit finalement de ne pas faire appel à d’autres musiciens. Elle décide de faire son album seule, de jouer d’instruments dont elle n’a jamais joué, et en dégage la musique qui était enfermée depuis si longtemps. Elle enregistre en utilisant tout ce qu’elle trouve. Des bris de verre, des classeurs à tiroirs, des chaînes, des marteaux, des planches de bois ; un tas de pièces mobiles méticuleusement arrangées et combinées. Et une fois cette peur disparue, de nouveaux talents apparaissent, sa voix change, par exemple apparaît un vibrato venu d’ailleurs. Elle devient un émetteur, capable de diffuser à la fois ce qu’elle a au plus profond d’elle-même et quelque chose de totalement en dehors de son être.

 

Son premier album, Shades, est le fruit de ces sessions en studio, un ensemble de dix ballades élaborées au rendu impeccable. Des poèmes et des histoires au style précieux mais désinvolte, emplis de chagrin, mais aussi d’espièglerie et d’ironie. Ce sont des chansons du présent qui évoquent le passé. Des récits de femmes et de leurs fantômes : des échos de souvenirs persévérants, de relations révolues, ou actuelles mais fugaces, la capture brutale d’une histoire féminine et de ses esprits qui s’y accrochent longtemps après, des messagers de l’autre monde.