The Go! Team

SEMICIRCLE

Sortie le 19 Janvier 2018

Memphis Industries

The Go! Team se sont toujours battus pour un monde meilleur – une vague de joie collective qui s’écrase sur les esprits étriqués et le lamentable carriérisme. Ils se nourrissent des envies fédératrices et des rencontres entre les cultures qui créent quelque chose de nouveau. C’est un groupe qui a foi en la musique pour améliorer les choses. Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de The Go! Team.

 

The Go! Team est l’enfant d’un seul homme, un obsédé de la mélodie établi à Brighton, Ian Parton. Mais il n’a jamais été l’unique membre du groupe, The Go! Team a toujours inclus tout le monde, de Deerhoof à Chuck D, en passant par de nombreux chanteurs méconnus de Soundcloud. Contrairement au précédent album, The Scene Between, en 2015 – qui était en fait un projet solo à la suite de la dissolution du précédent line-up de The Go! Team –, Ian a commencé à travailler sur ce cinquième album, SEMICIRCLE, en collaboration avec les idées vitales des musiciennes Simone Odaranile (percussions) et Angela « Maki » Won-Yin Mak (chant), ainsi que les membres originaux de The Go! Team Sam Dook (guitare) et Ninja (rappeuse à toute épreuve).

 

Ian avait l’idée d’une fanfare scolaire composée de voyous, balançant leur musique pour exploser les piétineurs de soul du Nord, les minets de la pop indé japonaise, ou les jams hip-hop old school. « J’aime le swing et la force des fanfares, le côté physique de sentir un percussionniste frapper une grosse caisse », explique Ian. « Mais je voulais les dissocier de la dimension patriotique ou sportive. C’était le point de départ de cet album. » Afin de réaliser pleinement sa vision, il savait qu’il devait se faire aider, qu’il devait séduire un groupe de collaborateurs nouveaux et inattendus et les faire rejoindre l’équipe de The Go! Team.

 

Ian est donc parti pour Detroit – la ville de la Motown et de The Stooges, de la révolution musicale (et contemporaine) – où il se rapproche de The Detroit Youth Choir, une chorale de jeunes. C’est leur âge qui était essentiel ; il ne voulait pas de gamins (trop mièvre), ni d’adultes avec toute leur histoire émotionnelle, leur prudence et leur tendance à en faire trop quand ils chantent. Il voulait néanmoins éviter les connotations religieuses d’une chorale paroissiale ou gospel. « J’ai toujours eu un faible pour les ensembles vocaux et les chœurs, notamment la rudesse des chorales communautaires. On les imagine chanter des extraits de comédies musicales ou des trucs comme ça, mais j’aime l’idée d’inspirer les gens à faire des choses qu’ils ne feraient pas normalement. J’aime provoquer des choses inattendues. C’est toujours un pari, et dans ce cas précis, ça a marché. »

 

Les sessions ont été si stimulantes que, au final, elles ont défini l’album. Les chants exubérants de la chorale habitent le titre d’ouverture « Mayday », morceau soul inspiré du code Morse qui parle d’urgence amoureuse, dans la fière lignée de « Rescue Me » et « SOS ». Ils entraînent l’album dans un dénouement passionné et provocateur sur « Getting Back Up ». Ces chants se dévoilent davantage sur le réconfortant « Semicircle Song ». Quand Ian a eu besoin d’une voix R&B lo-fi pour « Chain Link Fence », il a contacté un lycée de Detroit. « J’adore l’idée d’enregistrer des gens qui ne se voient pas comme des chanteurs, et qui n’ont peut-être même jamais été enregistrés auparavant. »

 

La routine n’a pas sa place sur un album de The Go! Team, il y a une multitude d’autres voix à entendre, parfois même au cours d’une même chanson. La plus connue d’entre elles est probablement celle de la rockeuse indé d’Utrecht Annelotte de Graaf, alias Amber Arcades, dont l’accent néerlandais donne une saveur unique à « Plans Are A Dream U Organise ». Un souffle français est prêté au titre « Hey! » par Julie Margat, alias Lispector, qui avait déjà collaboré avec Ian. Et le groupe de filles impertinentes de « The Answer’s No – Now What’s The Question » est mené par Darenda Weaver, une texane de Houston que Ian a trouvée sur Bandcamp.

 

Maki tient la barre de « If There’s One Thing You Should Know » avec panache, et bien sûr l’album de The Go! Team ne serait pas complet sans la présence de Ninja, qui déchaîne un essaim de piqûres verbales sur « She Got Guns ». Sur le titre « All The Way Live », on retrouve un rap joliment inaltéré samplé d’un « projet scolaire hip-hop » de 1983 que Ian a trouvé lors d’une de ses sessions de fouilles de cartons de disques. Il avait envisagé de solliciter un rappeur contemporain pour le réenregistrer mais a finalement décidé qu’il serait impossible de désapprendre 35 ans d’histoire du hip-hop. C’est cette capture de tous ces moments de joie authentique, sans le poids du cynisme et de l’ambition, qui définit SEMICIRCLE.

 

Afin de conserver la thématique de fanfare de l’album, Ian a rassemblé sousaphones, glockenspiels et bidons métalliques et les a enregistrés à distance pour recréer ce son de gymnase. On obtient une cacophonie kaléidoscopique, presque comme si le son lui-même était tordu et réfracté dans les courbes métalliques d’une trompette, à la fois rassurant et enivrant. « On reconnaît que c’est un album de The Go! Team, mais il emporte le son ailleurs. »

 

On peut trouver dans SEMICIRCLE quelques leçons de vie. Ian tient à insister sur le fait que l’émouvante utopie que lui et ses collègues avaient exposée dans leur cinquième album n’était pas une échappatoire fantaisiste, mais un objectif potentiellement atteignable.

 

« L’album parle du fait de se rappeler des bonnes choses de la vie. On ne veut pas juste être naïvement optimistes et dire “Hey, tout est vraiment génial !”, mais il faut se motiver à continuer, à s’organiser et à ne pas se laisser démoraliser par les salauds. Faites la fête pour votre droit à la lutte !”