Ohtis

Curve Of Earth

Sortie le 29 mars 2019

Full Time Hobby

La sombre et magnifique country Americana au lyrisme éclatant de Curve of Earth est une parfaite présentation du voyage autobiographique du compositeur Sam Swinson au pays de la dépendance et de l’endoctrinement ; une engageante confession de ses anciens combats avec la drogue et des démons religieux qui ont pavé son éducation au sein d’un culte fondamentaliste évangélique. Le voyage au plus profond de l’histoire d’Ohtis commence ici.

 

Ohtis voit le jour alors que ses deux membres fondateurs, Sam Swinson et Adam Pressley, sont en seconde au lycée de Normal, dans l’Illinois. Ils sortent eux-mêmes leurs productions sur des CD-R destinés à un public local dans un premier temps. C’est leur association qui définit Ohtis, ainsi que les musiciens du coin qui les ont accompagnés pour des concerts au fil du temps, dont le multi-instrumentiste Nate Hahn, un membre clé du groupe.

 

En 2009, l’addiction de Swinson a empiré et met sa vie en danger. Elle pousse Pressley et Hahn à prendre de la distance, et le groupe se dissout. Ils restent en contact, bien qu’ils ne vivent plus au même endroit. Grâce à Internet ils échangent des idées, des chansons, même s’ils ne prévoient pas de les sortir en raison de leur échec précédent et de la grave addiction de Sam à l’héroïne.

 

Enfin, Swinson, en laissant derrière lui son addiction, parvient à atteindre sa rédemption. Après la neuvième étape de son parcours de sobriété, celle où l’ancien addict tente de réparer ses torts auprès des proches qu’il a abandonnés, Ohtis renaît de ses cendres, malgré les 3 000 kilomètres qui séparent ses trois membres. En effet, Pressley et Hahn vivent à Detroit et Chicago et Swinson à Los Angeles. Au début Sam enregistre des démos voix sur un enregistreur portatif qu’un ami, mort tragiquement d’une overdose, lui avait donné. La composition des chansons se fait très lentement avec les deux autres membres, communiquant par téléphone et par e-mail.

 

Parfois extrêmement clairsemé, parfois riche, Curve of Earth est un accomplissement créatif brutal mais séduisant. « Les chansons sont nées spontanément », explique Sam. « C’est comme ça que j’aime travailler. Les chansons étaient là depuis tellement longtemps, elles n’étaient pas censées sortir, mais elles avaient l’air de suivre le cours de ma vie depuis le début. Toutes ces chansons étaient faites pour se compléter parfaitement sur un même album. »

 

Après deux séjours en clinique de désintoxication, la vie de Sam a complètement changé, ce qui a provoqué une évolution au sein d’Ohtis, et dans leur approche de la musique. « C’est assez similaire. Ma vie n’est plus aussi folle, mais elle l’est quand même toujours. J’ai encore pas mal des mêmes problèmes, et l’impression est la même. »

 

Ce chemin empathique permet à Curve of Earth de rester une expérience inspirante, frappante, même dans ses côtés les plus sombres. Le single « Runnin’ » a émergé d’une période sauvage post-désintox, et son objectif est de créer des liens avec toutes les autres franges de la société.

 

« La superbe synthèse du processus de rétablissement parmi les descriptions de son propre combat et de sa rédemption en atteignant la sobriété de Sam sur “Runnin’” a joué un rôle majeur dans mon retour au groupe », explique Nate. Sam a traversé l’enfer, et lorsqu’il en est sorti il a trouvé un groupe de soutien qui l’attendait, qui avait toujours été là, au sein d’Ohtis.

 

Les liens qui parcourent la composition d’Ohtis reflètent l’engagement dans le projet lui-même ; éloignés par l’addiction, ils se sont retrouvés grâce à la musique, forts de leurs expériences. « Adam est comme un frère pour moi », confie Sam. « Nous avons traversé beaucoup de choses ensemble. Avec Nate aussi. Il joue avec nous depuis très longtemps, et il était présent pendant les pires moments. Nous avons tous les trois traversé beaucoup d’épreuves ensemble. »

 

Ce poids de l’expérience donne son incroyable puissance à Curve of Earth. Séduisant, enchanteur, et pourtant très honnête, il maintient une forte emprise sur l’auditeur longtemps après les dernières notes. « J’espère qu’il sera utile aux gens », dit Sam. « Le sujet de l’addiction est semblable à n’importe quelle autre maladie mentale que la société a tendance à occulter. En parler sans tabou permet aux gens qui ne s’en sont pas sortis, qui ont toujours peur, qui sont dans le déni et qui ont honte de transcender cette honte qui les empêche de guérir. »

 

Curve of Earth est une expérience sublime, choquante et profondément émotionnelle mise en lumière par les problèmes de Sam mais pleine d’espoir dans les moments les plus sombres. Sam dit : « La période à venir paraît longue. Nous sommes prêts. »