Nick Waterhouse

Nick Waterhouse

Sortie le 8 mars 2019

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Nick Waterhouse quitte à 20 ans l’endroit qui l’a vu grandir : une petite ville près de Long Beach, en Californie, au bord de la mer. Il passe de ce décor serein – l’océan s’étendant sur des kilomètres, des pelouses bien tondues, de longues autoroutes, des fast-foods et de gigantesques centres commerciaux – à la ville de San Francisco, où il vend des disques aux côtés d’un groupe de jeunes passionnés comme lui de vinyles et de collectionneurs de 45 tours. Puis il commence à faire ses propres disques : Time’s All Gone en 2012, Holly en 2014 et Never Twice en 2016. Ce sont des albums évocateurs, empreints de perfectionnisme et de lucidité à la fois en termes de studios et de musiciens, d’arrangements et de design de pochette. Rien n’est laissé au hasard, tout est réfléchi et déborde de force et d’émotion.

 

Avec ses disques Waterhouse séduit un public fidèle et une bande de collaborateurs et de champions de l’influence, dont le mystique du garage-rock Ty Segall, le compositeur de R&B rétro-futuriste Leon Bridges et le quatuor de Los Angeles Allah-Las, qui a méticuleusement produit et joué sur ses deux premiers albums.

 

Il y a un « son Waterhouse », qui vient à la fois de l’homme et de sa méthode : tout enregistrer sur bande magnétique au moyen d’un équipement analogique, et jouer en live (!), face à face, autant que possible.

 

Nick Waterhouse sort aujourd’hui son quatrième album, qui porte son nom. C’est probablement son album le plus réfléchi, servi par ses techniques de production abouties et perfectionnées tout au long de sa carrière, tout en conservant des contours épais qui lui permettent d’avoir un impact colossal – plus brut, plus lourd et plus provocateur que jamais.

 

L’album Nick Waterhouse a été enregistré dans le meilleur studio de Los Angeles, Electro Vox Recorders, et produit par Paul Butler (The Bees, Michael Kiwanuka, Devendra Banhart). Les chansons de Nick sont personnelles – plutôt dans le sens de « Please Mr. Postman », « What’s Going On » et « Cathy’s Clown » –, intimes, directes, mais suffisamment malléables pour que l’auditeur puisse y juxtaposer sa propre histoire. Plusieurs musiciens talentueux se sont produits sur cet album, dont Andres Rentaria, Paula Henderson et l’énorme saxophoniste Mando Dorame.

 

Toutes les chansons de ce nouveau Waterhouse sont musclées, elles sonnent grand. Les paroles sont méfiantes, outrées, et parfois très vulnérables (les muscles ne sont que de la chair, après tout). Waterhouse utilise peu de mots pour délivrer des messages codés, complexes. Il critique à la fois l’époque actuelle et les défauts intrinsèques de l’homme. Il dépeint des relations enfouies dans les ténèbres, il lacère des fantasmes néo-noirs romantiques, empourprés de sang, et n’oublie pas l’impuissance qu’on ressent au milieu des autres, sous les assauts du mercantilisme et du progrès technologique. C’est devenu sa signature, Waterhouse propose une chanson écrite par l’une de ses amis proches. Sur cet album, il reprend « I Feel an Urge Coming on », en hommage à son auteur, mentor et collaboratrice de Nick, Joshie Jo Armstead, qui a écrit de la musique avec Ray Charles et chanté en tant que Ikette et Raelette dans les années 1960 et 1970.

 

C’est le quatrième album de Nick Waterhouse, mais c’est celui-ci qui méritait de porter son nom. On peut vraiment entendre Nick sur cet album. Pas simplement le groupe, ni les chansons, ni le son. LUI. On peut entendre son esprit travailler. Sa passion. Sa priorité. Plus important encore, on le ressent.