Merryn Jeann

Merryn Jeann

Sortie le 17 mai

Baguette Publishing

Merryn Jeann est une auteur-compositeur-interprète possédant les pouvoirs lyriques d’une poète à la précision et à la sensibilité remarquable. Par moment douce, comme les mots tendrement susurrés par un amant au creux de l’oreille, d’autres fois cinématographique, la musique de Merryn Jeann est tout à la fois fragile, profondément visuelle et douloureusement honnête.

Merryn Jeann sculpte un univers intimiste dans un folk cinématographique : « Ce petit album, cest vraiment une aventure introspective, ce n’était pas vraiment volontaire, cest juste arrivé comme ça et j’ai dorénavant une plus grande confiance en moi. Je me suis permise de faire tout ce que je voulais. Après tout, pourquoi pas ? Il ny pas de bien ou mal, tout ça est un grand jeu. » Le ton est donné, Merryn Jeann a choisi de privilégier lhonnêteté à la perfection.

Australienne installée en France, Merryn Jeann fait ses premiers pas dans la Australian Girls Choir : « C’était génial, un groupe de filles habillées en combinaisons roses et violettes, qui chantent aussi bien Stevie Wonder que le Sydney Opera House ou des chants de Noël derrière le présentateur météo ! »

La première fois qu’elle entend Nina Simone à la radio, c’est une révélation : « Je n’aimais pas vraiment m’entendre dans un micro parce que j’avais l’impression d’avoir une voix de garçon. J’étais jeune, et je l’ai prise pour un homme tout en tombant amoureuse de la complexité de son timbre. J’ai donc réalisé que mes craintes étaient avant tout dans ma tête, et qu’avoir une voix de garçon ou pas importait peu. Je m’en foutais maintenant que j’avais Nina dans ma vie. » Elle commence alors à écrire ses propres chansons, épaulée par sa productrice, Gyan Evans qui la prend sous son aile lorsqu’elle n’a alors que 16 ans.

Par la suite, Arthur Russell, Astrud Gilberto et João Gilberto, David Byrne, Leonard Cohen ou encore Nick Drake et sa mère, Molly Drake viennent compléter sa constellation. Même si elle avoue ne pas trop savoir dans quelle mesure ils influencent sa musique : « Je pense que ce que j’aime avant tout, c’est l’audace de ces personnes. Je suis plus inspirée par leur essence que pas leur style musical en soi. » Ces artistes visionnaires l’inspirent et l’accompagnent dans ses expérimentations.

À travers ce petit album, elle livre donc un morceau d’elle-même : « Quand il y a cette musique je n’ai pas besoin de dire quoique ce soit, ni de parler. Pas parce que la musique parle d’elle-même, mais parce que la musique se confond avec moi. C’est ma façon d’être honnête avec vous. » Enregistré au studio Museagency à Byron Bay en Australie, entourée de Gyan Evans et son mari, Simon Greaves, elle façonne un monde qui lui ressemble, superbe dans ses imperfections. Ce que Simon appelle du « Disney punk », à mi-chemin entre enregistrements bruts et envolées de violons.

Merryn Jeann explique avoir intentionnellement gardé « les bruits des grenouilles enchantées par la pluie » ou les moments où sa voix s’évanouit afin de rester fidèle à ces instants suspendus dans le temps. Si elle écrit toutes les paroles elle-même, elle s’est entourée de musiciens « qui vivent et respirent la musique et l’art » pour créer un écrin feutré à ses textes sensibles. À ses amis d’enfance, Jules et Pat (PARCELS) et Toby (TORA/ALFALFA), s’ajoutent un bassiste, deux violonistes, un harpiste et même une trompette ou la chorale St Marianne.

Le processus est organique, et tout se fait à tâtons, à l’image de « Am I Plastic? » enregistré en live et qui, après plus de 55 prises, a fini par garder la forme de la toute première démo enregistrée il y a trois ans. L’enregistrement se déroule également dans la joie : « Je pense que si tu crées quelque chose avec un mauvais sentiment ou de la négativité, les gens peuvent le sentir je suis donc très heureuse que ça ait été si amusant à faire. Et je suis juste super excitée de commencer à jouer la musique live et de la faire découvrir aux gens. » Cette atmosphère délicate est justement retranscrite sur scène par un trio réduit à l’essentiel : piano, clarinette et violoncelle sur lesquels se pose la voix suave de Merryn Jeann.

Inspirée de tranches de vécu, ses chansons parlent d’elle-même et de son rapport au monde. Si « Am I Plastic? » traite de sa lutte intérieure en opposition à la façade sociale qu’elle présente aux autres, c’est avec douceur et la reconnaissance que même les instants difficiles méritent d’être pleinement ressentis. « Dragons » évoque les sensations d’un trip psychédélique, en souvenir d’une soirée passée chez un ami insomniaque « qui avait recouvert ses mures de dragons peints à la peinture fluorescente à un retour de festival » tandis qu’elle a « écrit Canopy en s’imaginant cocooner et me cacher dans un lit fait d’arbres exotiques couverts de rosée, tout en rêvant à plus d’égalité et d’empathie. Life is a bitch for everyone, et on souffre tous, sans exception, donc j’aimerais juste que les humains s’aiment entre eux et aiment le monde un peu plus. »

Un opus personnel, donc, mais aussi cinématographique. Les instrumentations minimalistes font la part belle aux images mentales. « See Saw » représente pour Merryn Jeann « ce garçon nu, courant à travers les champs comme en Écosse par exempleavec ces falaises immenses, tout ce vert et l’océan, et puis la brise délicate. » Ce petit album représente la bande-son de ses émotions, ses doutes et ses convictions, et le fait d’accepter d’être soi, dans toutes ses contradictions : « I am finally accepting all these parts of who I am. I accept that I fucking love Missy Elliot and I love dancing in #theclub, and then that I also want to sit down and put on a Leonard Cohen record and drink tea. As humans, we are so complex and there are so many parts of us, so youve got to roll with it. Let you be you. »