Loya

Corail

Sortie le 28 septembre 2018

Mawimbi

Depuis une dizaine d’années, Loya explore l’intimité musicale des îles soeurs de l’Océan Indien, contribuant à dissiper de manière singulière les frontières entre musique électronique et musiques traditionnelles à l’heure de la globalisation.

 

D’une enfance modeste immergée dans la grande marmite culturelle de la Réunion, Loya tire une curiosité insatiable et l’humilité de l’artisan, prompt à puiser dans les matériaux rugueux de son île natale pour faire émerger une myriade de sons. Ainsi la tôle ondulée, le bois de tamarin se joignent-ils aux aléas tumultueux des machines et de leurs algorithmes, legs de ses vingt et quelques années de vie en métropole.

 

Marchant dans les pas de Ti Fock et d’autres pionniers du maloya électrique, Loya connaît ses premiers émois électroniques au milieu des années 90, empruntant à l’Intelligent Dance Music ses constructions rythmiques complexes et à la la bleep techno ses nappes rêveuses pour poser les fondations futures de sa propre musique. Au fil de ses recherches, les machines se laissent apprivoiser et parviennent enfin à convoquer ces états de transe si chers à ce natif des Mascareignes dont le cœur bat un rythme ternaire.

 

De cet itinéraire à travers les méandres de la musique électronique contemporaine, Loya conserve un sound design pointilliste et une inclinaison pour l’expérimentation, qu’il met bientôt à l’oeuvre lors de l’écriture de son premier album autoproduit « Eruption », sorti en 2014, puis de l’EP « Indian Ocean », sorti en 2016 sur Mawimbi Records.

Explorant l’espace bleu de l’Océan Indien avec le naturel de l’insulaire, les dix compositions de « Corail » se déploient tel un archipel. Des trésors de percussions en rafale, tels la ravanne du mauricien Menwar et le roulèr du maloya traditionnel, côtoient le velouté des ondulations du synthétiseur modulaire, tandis que des mélodies de l’accordéon du malgache Régis Gizavo cavalcade à un rythme frénétique, rappelant le footwork de Chicago.

Ici, là-bas, ou encore ailleurs, la musique de Loya est une ode aux eaux claires, à cette « mer de lumières » (Kenneth White) constellées d’une multitude d’îles façonnées par ces peuples autrefois esclaves ou engagés, aujourd’hui de formidables laboratoires d’une modernité musicale en devenir.