Konradsen

Saints and Sebastian Stories

Sortie le 25 octobre 2019

Su Tissue

Les racines de Konradsen, duo formé de la chanteuse et pianiste Jenny Marie Sabel et du multi-instrumentiste Erik Vildgren, se trouvent à l’extrême nord de la Norvège, où les lumières du Nord embrasent le ciel noir des nuits hivernales. Ce paysage onirique reflète leur musique – la tradition rencontre l’innovation, et la nature révèle son filament astral.

 

Sur leur premier album Saints and Sebastian Stories, inspiré par les chansons traditionnelles et les hymnes que chantait Sabel avec sa famille pendant son enfance, et la pop moderne que le duo apprécie tant – par exemple le travail de Bon Iver, Sufjan Stevens, Frank Ocean et le compositeur Christophe Chassol –, s’entremêlent la voix émouvante de Sabel, des enregistrements extérieurs et des samples de sons d’ambiance. Ces voix du passé et du présent dansent sur les notes d’un piano minimaliste, des couches atmosphériques électroniques, des beats programmés et des cors organiques, formant une narration sonique délicate autour de la famille, de la communauté, au cœur de leur musique.

 

Sabel a grandi au sein d’une communauté dans un petit village du nord de la Norvège, entourée de familles très soudées et bercée par le son du piano familial. Vildgren est lui aussi un enfant de la campagne norvégienne du nord. Adolescent il a fait la rencontre d’autres musiciens et artistes du coin au centre communautaire de Kråkeslottet sur l’île de Senja. Aujourd’hui il aide le centre à organiser son festival de musique annuel.

 

Sabel et Vildgren se sont rencontrés au lycée, ils ont ensuite déménagé à Oslo pour poursuivre leurs études à l’université. Lorsqu’ils se sont mis à l’écriture de leur premier album, il leur a paru naturel d’inclure toutes les personnes qui les avaient inspirés. Prenant le plus souvent la forme de textures au sein de la composition globale, de petits vacillements de voix issues de films amateurs familiaux, ou des bribes de conversations entre amis sont incorporés aux chansons de Konradsen, conférant à l’album un mystère et une familiarité. « Ça m’aide à me sentir en sécurité », explique Sabel à propos de ces voix. « Elles rendent la musique personnelle, elle donne ainsi quelques indices sur les personnes que nous sommes. » Vildgren ajoute : « C’est comme si on laissait entrevoir quelque chose de plus grand… Comme un rapide coup d’œil ou un instantané. »

 

Ces moments-là sont plus évidents sur « Cosmic Kid Vibration » et « Big Bruce », qui contiennent des extraits de conversations plus longs. « Big Bruce » est un enregistrement issu d’une vieille cassette VHS ayant appartenu au père de Sabel. Dans cette vidéo il y a un ami de la famille en pleine imitation d’un télévangeliste, qu’on retrouve dans le titre phare de l’album « Television Land », titre qui fait la part belle à la voix de Sabel. “And the high will find us through them/Will find us through them”, chante Sabel accompagnée de chœurs, renvoyant à ces liens passés et futurs. Le titre d’ouverture « Never Say A » montre une touche d’humour au travers de synthétiseurs enfantins, et « Baby Hallelujah » est une méditation simple, honnête et entraînante sur la vie et l’au-delà, parsemée de samples de voix d’amis proches.

 

Enregistré avec le producteur norvégien reconnu Kåre Vestrheim chez Propeller Recordings, et dans le home studio de Vildgren à Oslo, Saints and Sebastian Stories est un fil simple et touchant reliant le passé et le présent, élevant nos interconnexions sous-jacentes grâce à un voyage au centre de l’amitié et d’une réflexion paisible. En dehors des voix samplées, plusieurs amis ont joué sur l’album, ou fourni une illustration, afin de compléter le message. « Nous considérons vraiment cette musique comme une musique communautaire, quelque chose de très intime », explique Sabel. « Et nous souhaitions partager cet esprit non seulement au travers de nos paroles, mais aussi via les sons et les personnes du groupe. »