Jesca Hoop

Stonechild

Sortie le 5 juillet 2019

Memphis Industries

Avec une vision intransigeante, STONECHILD, nouvel album studio de Jesca Hoop, est un album qu’elle décrit comme un « projet compassion ».

STONECHILD révèle une Jesca Hoop affirmée et précise. Beau, subtil et absolu, son cinquième album après le hautement apprécié Memories Are Now (2017) est son meilleur travail à ce jour.

Jesca Hoop, qui vit depuis longtemps à Manchester, a toujours regagné sa Californie natale pour enregistrer ses albums. Mais cette fois-ci, un moment où il était nécessaire pour elle de « sortir de sa zone de confort », elle s’est aventurée au sud de Bristol pour faire équipe avec le producteur John Parish (PJ Harvey, Aldous Harding, This is the Kit). L’approche puriste et minimaliste de Parish a aidé Hoop à clarifier ses idées et à subtilement réaligner sa musique. Les arrangements simplifiés ont permis un recentrage sur la sophistication fondamentale des chansons.

La marque de fabrique de Jesca Hoop, la guitare pincée et les textures éthérées, est toujours présente, mais les chansons et leur présentation sont plus directes que jamais. Hoop explique : « [Parish] a été un collaborateur doux jusqu’à ce qu’il s’en prenne à ce que j’aime le plus. Ma musique n’avait jamais été si brutalement montée, et je ne me suis pas gênée pour exprimer mon inconfort en voyant tout mon travail clairsemé sur le sol de la salle de montage. Il m’a dit que je lui pardonnerais, et quelque part je pense que j’ai aimé qu’on me traite ainsi… qu’on me force à me cantonner au strict élémentaire. Même si ce fut douloureux. » STONECHILD s’aventure un peu plus loin dans l’inconnu avec de nouvelles voix, celles de Kate Stables (alias This is the Kit), Rozi Plain et Lucius aux chœurs.

L’écriture de Hoop est toujours imprévisible, elle la décrit comme « guidée davantage par l’instinct que par la théorie ». Plus que jamais, Hoop nous emmène dans des paysages inconnus tout au long de STONECHILD. « Quand je fais le point sur ma vie, je m’aperçois que l’échec du mariage de mes parents, ainsi que leur échec en tant que parents m’ont permis de vivre ma vie d’une façon inattendue et folle. Je voulais explorer un monde brut et rude, l’opposé de celui dans lequel j’avais grandi. »

Le titre de l’album vient d’une œuvre exposée au Mütter Museum de Philadelphie. « The Stonechild » représente un fœtus fossilisé porté pendant plus de trente ans par une femme, une œuvre triste et poignante. « C’est devenu un amas dur d’os, un roc. Phonétiquement le mot est superbe – dur et doux – et l’idée de porter longtemps quelque chose, peut-être en secret, pour ensuite l’abandonner me touche. J’espère que j’ai fait un album de substance. Il y a de la viande sur les os. »

L’impressionnant « Shoulder Charge », avec Lucius en charge des chœurs, parle d’une culture stigmatisée et de l’isolement dû à la honte dans un monde où « nous sommes en fait tous pareils… même dans nos différences. Comprendre, c’est pardonner. » (“We are actually and truly the same… even in our differences. To understand all is to forgive all”)

« Old Fear of Father » s’attaque au patriarcat et à la misogynie, mais ici perpétués par les femmes. I love my boys, more than I love my girl, try not to show it, she’s knows, like I knew.” Ses arrangements simples mais denses dévoilent une histoire à la fois poignante et honteusement vraie.

« Red White and Black » se penche sur la suprématie blanche. “Now the iron cloth that’s cut from the loom bares the black and white stripe of a cotton field rolling – And the dark mines and flame of redeemers put them right back in the iron cloth and the flag is waving.” Hoop explique : « La politique est carrément inquiétante. J’écris toujours selon mon point de vue personnel, sur les relations principalement, et la politique ne m’inspire pas tellement de musique, mais les crimes de haine qui augmentent, les droits des femmes qui reculent, et les deux pays que je considère comme les miens qui sont en train de construire des murs… La politique est devenue profondément personnelle. »

Le moment le plus folk de l’album, Kate Stables chantant sur « Outside of Eden », s’intéresse aux jeunes qui grandissent avec la technologie, ainsi qu’au lien toujours plus intime entre l’enfant et l’appareil technologique. “Come shut in boys for the girlfriend experience, enter the code and I’ll taste real.”

L’objectif de STONECHILD est de « prendre la planète et son équilibre de plus en plus précaire dans ses bras ». Ces chansons riches et étranges aux thèmes de notre époque tourmentée sont le reflet des pensées et des sentiments de Jesca Hoop. Avec une écriture fluide, naturelle, cet album pense absolument tout ce qu’il dit.

Jesca Hoop se produira cet été dans plusieurs festivals aux Etats-Unis et en Europe, avant de partir pour une tournée en Europe et au Royaume-Uni en octobre.